« Les femmes qui postulent pour une bourse postdoctorale en géosciences sont moins susceptibles de recevoir une lettre de recommandation «excellente» que les hommes. »

Cette phrase qui donne presque des envies de suicide à coup de marteau de géologue, de coupage de veines avec une lame mince de roche et/ou d’empoisonnement au PCB (une espèce de truc chimique bien dégueulasse) par ingestion de mètres cube d’eau de Seine , n’est d’autre que la conclusion d’une étude récente publiée dans Nature Geosciences, donc pas le dernier torchon du coin mais juste une des plus grosses revues du domaine.

Voici le constat : Sur l’ensemble des docteurs en géosciences, 40% sont des femmes mais seulement 10% des postes sont occupés par ces dernières.

Du coup, pour comprendre pourquoi la gente féminine est si peu présente en géosciences, les auteurs ont étudié les lettres de recommandations écrites pour les jeunes docteurs, femmes et hommes, en quête d’un post-doc.

Car on le sait, ces lettres sont de véritables atouts quand on postule et peuvent  faire pencher la balance en notre faveur/défaveur en cas de dilemme entre plusieurs candidats (en plus de nos publications hein, parce que le mémoire, on sait bien qu’à part notre jury et quelques futurs masochistes doctorants dans notre domaine, personne ne le lit).

Leur méthode a donc été de comparer (avec des statistiques et tout le tralala) des lettres de recommandations écrites par et pour des femmes, par et pour des hommes, par des femmes pour des hommes et par des hommes pour des femmes (ça va je vous est pas perdu là ?) et tout ça à l’échelle mondiale. Pour 1.254 lettres de recommandations pour des bourses postdoctorales en géosciences, ils ont comparé la longueur et le ton de la lettre. Donc c’est pas une petite étude de synthèse, c’est un gros boulot de malade.

Trois résultats majeurs :

  • La longueur des lettres dépend des pays, les lettres des Amériques étant significativement plus longues que n’importe quelle autre région, alors que le ton lui ne change pas en fonction des pays.
  • Que ce soit un homme ou une femme qui vous écrive la lettre ne changera pas la donne
  • Et la conclusion globale qui fait mal : les femmes sont beaucoup moins susceptibles de recevoir d’excellentes lettres de recommandation que leurs homologues masculins à un moment critique de leur carrière.

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A la vôtre messieurs !

 

Sur cette bonne nouvelle, je m’en vais de ce pas terminer de rédiger mon projet pour une bourse postdoctoral au Canada…

Parce que rien n’empêche d’y croire, puisque vraisemblablement d’autres avant nous y sont arrivées, mais que se rendre compte de la réalité rend la possible chute moins douloureuse.

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Paléoclimatiquement vôtre,

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